[ Pobierz całość w formacie PDF ]

196
peut-tre de surprendre ceux qui occupaient la chambre de
quart.
Kongre allait tenter ce dernier moyen de salut. Carcante et
Vargas le prcdrent. Tous deux se hissrent sur l annexe,
saisirent la chane et commencrent grimper l un aprs
l autre, esprant ne pas tre aperus au milieu de l obscurit.
Ils arrivrent enfin au garde-fou, se cramponnrent aux
montants... Ils n avaient plus qu l escalader...
cet instant, des coups de revolver retentirent. John
Davis et Vasquez taient l, sur la dfensive. Les deux
bandits, frapps la tte, lchrent prise et vinrent s craser
sur le toit de l annexe.
Alors des sifflets se firent entendre au pied du phare.
L aviso arrivait dans la crique, et la sirne jetait ses sons
aigus travers l espace...
Il n tait que temps de fuir. Dans quelques minutes, le
Santa-F serait son ancien mouillage.
Kongre et ses compagnons, comprenant qu il n y avait
plus rien tenter, se prcipitrent en bas du terre-plein, et se
sauvrent l intrieur de l le.
Un quart d heure plus tard, au moment o le commandant
Lafayate envoyait son ancre par le fond, la chaloupe des
gardiens reconquise accostait le navire de guerre en quelques
coups d aviron.
John Davis et Vasquez taient bord de l aviso.
197
Chapitre XV
Dnouement
L aviso Santa-F, ayant bord la relve de l le des tats,
avait quitt Buenos-Ayres le 19 fvrier. Favorise par le vent
et la mer, sa traverse fut trs rapide. La grande tempte qui
dura prs de huit jours ne s tait pas tendue au del du
dtroit de Magellan. Le commandant Lafayate n en avait
donc point ressenti les effets, et il arrivait destination avec
une avance de plusieurs jours. Douze heures plus tard, la
golette et t loin dj, et il aurait fallu renoncer
poursuivre la bande Kongre et son chef.
Le commandant Lafayate ne laissa pas s couler cette nuit
sans avoir t mis au courant de ce qui s tait pass depuis
trois mois la baie d Elgor.
Si Vasquez tait bord, ses camarades Felipe et Moriz
n taient pas avec lui. Son compagnon, personne ne le
connaissait et ne savait son nom.
Le commandant Lafayate les fit venir tous deux dans le
carr, et sa premire parole fut :
Le phare a t allum tardivement, Vasquez.
 Il y a neuf semaines qu il ne fonctionnait plus...
rpondit Vasquez.
 Neuf semaines!... Que signifie cela?... Vos deux
camarades?...
198
 Felipe et Moriz sont morts!... Vingt et un jours aprs le
dpart du Santa-F le phare n avait plus qu un seul gardien,
mon commandant!
Vasquez fit le rcit des vnements dont l le des tats
venait d tre le thtre. Une bande de pirates, sous les ordres
d un chef nomm Kongre, tait depuis plusieurs annes
installe la baie d Elgor, attirant les navires sur les cueils
du cap San Juan, recueillant les paves, massacrant les
survivants du naufrage. Personne ne souponna sa prsence
pendant toute la dure des travaux du phare, car elle s tait
rfugie au cap Saint-Barthlemy, l extrmit occidentale
de l le. Le Santa-F reparti, les gardiens rests seuls au
service du phare, la bande Kongre remonta la baie d Elgor
sur une golette tombe par hasard en sa possession.
Quelques minutes aprs son entre dans la crique, Moriz et
Felipe taient frapps et tus son bord. Et, si Vasquez put
chapper, c est qu il se trouvait ce moment dans la chambre
de quart. Aprs l avoir quitte, il s tait rfugi sur le littoral
du cap San Juan. L, il put se nourrir des provisions
dcouvertes dans une caverne o ces pirates emmagasinaient
leurs rserves.
Puis Vasquez dit comment, aprs le naufrage du Century,
il fut assez heureux pour sauver le second de ce btiment, et
comment tous deux vcurent en attendant l arrive du Santa-
F. Leur plus vif espoir fut alors que la golette, retarde par
des rparations importantes, ne pt prendre la mer pour
gagner les parages du Pacifique, avant le retour de l aviso
dans les premiers jours de mars.
199
Mais elle et pourtant quitt l le si les deux boulets que
John Davis envoya dans sa coque ne l eussent retenue
quelques jours encore.
Vasquez arrtait l son rcit, faisant le silence sur ce qui
tait plus spcialement son honneur. John Davis intervint :
Ce que Vasquez oublie de vous dire, mon commandant,
ajouta-t-il, c est que nos deux boulets se sont trouvs tout
fait insuffisants. Malgr les trous que nous lui avions faits
dans la coque, la Maule et repris la mer ce matin mme si, la
nuit dernire, Vasquez, au pril de sa vie, ne l avait rejointe
la nage et n avait fait clater une cartouche entre le
gouvernail et l tambot du btiment. vrai dire, il n obtint
pas tout le rsultat qu il esprait. Les avaries furent lgres et
purent tre rpares en douze heures. Mais ce sont ces douze
heures-l qui vous ont permis de trouver la golette dans la
baie. C est Vasquez seul que cela est d, comme c est
encore lui qui, ayant reconnu l aviso, a eu l ide de courir au
phare et de rallumer ce soir le feu teint depuis si
longtemps.
Le commandant Lafayate serra chaleureusement la main
John Davis et Vasquez, qui, par leur audacieuse
intervention, avaient permis au Santa-F de devancer le
dpart de la golette, puis il raconta dans quelles conditions,
une heure avant le coucher du soleil, l aviso avait eu
connaissance de l le des tats.
Le commandant Lafayate, ayant fait le point dans la
matine, tait sr de sa position. L aviso n avait qu prendre
direction sur le cap San Juan, qu il devait apercevoir avant la
nuit.
200
En effet, l heure o le crpuscule commenait
obscurcir le ciel, le commandant Lafayate distingua trs
nettement sinon la cte est de l le, du moins les hauts pics
qui se dressent en arrire-plan. Il s en trouvait alors une
dizaine de milles, et il comptait bien tre au mouillage deux
heures plus tard. [ Pobierz całość w formacie PDF ]